Channel is back !

Lu, 25/01/2010


La presse Belge est unanime : Channel Zero is back to stay !


LA DERNIERE HEURE : Le Phénomène Channel Zero

(24/01/2010)
Franky DSVDFranky DSVD
© D.R.

Le groupe belge de metal a donné le premier de ses 6 concerts complets à l’AB
BRUXELLES Il est loin le temps où Channel Zero défendait chèrement sa peau sur les planches du Santa Fé à Chaineux en première partie d’Asphyxia, un autre groupe belge du même genre trop rapidement disparu.
Vingt ans plus tard, qui aurait cru que le groupe belge de thrash metal parviendrait à remplir 6 fois la salle de l’Ancienne Belgique ? Personne n’aurait imaginé que son come-back puisse s’accompagner d’un tel engouement populaire.

On croyait cette époque révolue et lorsque l’ombre des quatre musiciens s’est dessinée, vendredi soir, derrière un rideau blanc, c’est toute l’AB qui a retenu son souffle. La parfaite interprétation de Black Fuel en ouverture a laissé augurer d’un show sans concession.
Et pourtant, au fil du temps, de thrash il en a été de moins en moins question. Le répertoire du groupe a plutôt privilégié les dernières années de son existence délaissant, malheureusement, les premières compositions du groupe extraites des albums légendaires que sont devenus Channel Zero (1992) ou Stigmatized For Life (1993). L’orientation prise était donc clairement plus heavy .

En somme, Channel Zero est apparu quelque peu timoré, comme si le groupe était impressionné par le buzz de son retour. L’acoustique parfaite de l’AB a permis aux fans d’apprécier la qualité de ses compositions mais on aurait préféré savourer la fougue, l’insouciance et la révolte d’un groupe qui n’aurait rien à perdre mais tout à gagner comme ce fut le cas à Werchter il y a 15 ans. Si la production sonore et scénique a été parfaite d’un bout à l’autre, le groupe a semblé en garder sous la pédale. Comme s’il était tétanisé par la peur d’un nouvel échec. Or c’est tout le contraire qui aurait dû prévaloir, Channel Zero ayant réussi l’exploit de réaliser ce qu’aucun groupe n’était parvenu à faire avant lui : réunir 12.000 fans autour de son retour en six dates soldout à l’AB.

F. de B.
© La Dernière Heure 2010


LA LIBRE BELGIQUE : Channel Zero, un retour qui fait du bruit

Franky DSVDFranky DSVDUne reformation qui restera dans les annales

Pascal De Gendt


Après 12 ans d’inactivité, le groupe belge de métal remplit six fois l’AB. Un concert avec des hauts et des bas, vendredi, face à un public enthousiaste.

Une fois n’est pas coutume, le premier gros événement musical belge de 2010 est métal, un genre plutôt habitué, médiatiquement parlant, à mener une vie parallèle au reste du circuit musical. Le fait est historique : un groupe belge, Channel Zero, remplit six fois l’Ancienne Belgique (les 22, 23, 24, 28, 29 et 31 janvier) en un clin d’œil, et ce plus de douze ans après la fin de ses activités. Depuis, tout le monde cherche une explication à ce raz-de-marée inattendu (voir ci-dessous). Pour notre part, mis à part quelques titres entendus chez un ami ou l’autre à l’époque, on se souvient surtout d’avoir lu à l’époque des comptes rendus de concert dithyrambiques, approuvé par des connaissances ayant assisté à l’un des nombreux concerts donnés durant les sept années d’existence du groupe.

C’est donc passablement excité que nous nous sommes rendus à la première des six dates bruxelloises. A l’instar d’ailleurs des 2 000 autres personnes remplissant à ras bord la salle bruxelloise vendredi soir. T-shirts ou sweats à capuche à l’effigie des héros du jour, ou d’autres groupes du genre, le noir est de rigueur et la planète métal est dans la place. Les "vétérans" de l’époque sont là mais ils ne sont pas seuls, une belle partie du public affichant un âge qui ne lui permet pas d’avoir vu le groupe au milieu des années 90. Preuve supplémentaire que la réputation du quator a survécu à sa grosse décennie d’inactivité. Même si le guitariste et compositeur historique du groupe, Xavier Carion, a dû renoncer à ce come-back pour cause de problèmes auditifs. Il est remplacé sur scène par un routinier de la scène métal internationale, Mikey Doling, ancien membre, notamment, de Soulfly.

Comme tout le monde est impatient d’en découdre, le noir se fait dans la salle vers 20h40, quelques minutes avant l’horaire prévu. Le titre de Public Enemy, "She watch Channel Zero ?", qui a donné son nom au groupe, résonne dans les enceintes, puis des images tirées du début du clip "Black Fuel" apparaissent sur les écrans. A la première note qui résonne, des centaines de poing avec l’index et l’auriculaire tendus se tendent vers le plafond. Les ombres déformées des musiciens, bientôt rejointes par celle du chanteur, se reflètent sur un drap tendu devant la scène pendant l’intro du titre. Et quand le rideau s’abaisse, le public exulte tandis que le groupe passe à la vitesse supérieure. Vite, les boules quiès, la puissance sonore de Channel Zero n’est pas une légende.

TinoTinoSection rythmique de plomb et guitare qui vrombit, le début du concert est mené pied au plancher, light-show élaboré et projections à l’appui, devant une assistance qui profite du spectacle. On s’attendait cependant à un plus gros "bordel", mais c’était oublier qu’à 30 ans passés, une partie des fans ne vivent plus leur concert de la même manière qu’à 20. Mais on pointera aussi le fait que, volontairement ou non, le groupe ne cherche pas plus que cela à "emballer" son concert : des intros faites de bruitages viennent régulièrement casser le rythme, et la "frontalité" qu’on nous avait tant vantée n’est pas vraiment de la partie.

Pour qui ne vit pas le plaisir nostalgique de réentendre des titres ayant marqué sa jeunesse, le concert perd petit à petit de son intérêt. Et le nouveau single, "Black flowers", n’arrange pas les choses, tant il paraît inférieur au reste du répertoire. Heureusement, alors qu’on en est à la moitié de la prestation qui durera 90 minutes, Channel Zero fait monter l’ambiance d’un cran en invitant un deuxième guitariste sur scène pour interpréter des morceaux de leurs premiers albums, lorsqu’ils étaient encore fortement influencés par le "trash metal" du Metallica des débuts. Agressif à souhait, le groupe remet le feu à la salle pour une dernière partie de concert rythmée par quelques hymnes, "Help" et "Suck my energy" en tête. Le public est aux anges et reprend en chœur ces morceaux-phares. De quoi finir la prestation sur une bonne note, même si, dehors, quelques fans de la première heure s’avouent déçus.

A la décharge de Channel Zero, n’oublions pas que, à part un concert pour des gagnants de concours le samedi précédent et un autre pour un public handicapé, il s’agissait d’une première date et que le quator doit non seulement retrouver ses marques mais aussi intégrer un nouveau membre. Logiquement, la prestation, déjà loin d’être honteuse, ne peut donc aller qu’en s’améliorant. Avec une tournée prévue au Japon, une date au Graspop en juin, des programmations dans un ou plusieurs autres festivals belges ainsi qu’étrangers, le retour de Channel Zero ne fait que commencer.

La Libre Belgique

Crédit Photos: Christophe Bortels



SETLIST

Intro
Black fuel
Heroin
Bad to the bone
Mastermind
Why
Self control
Run w.t.t.
Unsafe
Dashboard devils
Call on me
Black flowers
Help
No light
Succeed or bleed
Inspiration to violence
Chrome dome
Fool's parade
Lonely
Suck my energy
Man on the edge


Suck My Energy (images amateur de la salle)